Ils ont eu ta peau, Vieux Frère !

                                             ( Ultime hommage au vieux tilleul qui montait la garde devant
                            notre église.On ne lui a laissé aucune chance de ressembler
                            un jour à son glorieux aîné de Waha; on ne lui a même pas 
                            permis d'atteindre l'an 2000)

                                   Tu te dressais, fidèle, à deux pas du clocher
                                   Patiné comme lui, tout aussi vénérable
                                   Cent clous crucifiaient ton vieux tronc indomptable
                                   Et ton ombre abritait le clerc et le vacher
                                   
                                   Tes rides recueillaient du riz des mariés
                                   Devant toi défilaient des dévots innombrables 
                                   Forcé de saluer la mort impitoyable
                                   Tu préférais sourire à tous les nouveau-nés
                    
                                   T'estimant trop peu stable, on t'avait raccourci
                                   Mais tse rejets puissants relevaient le défi
                                   Alors un jour d'hiver, sans rien dire à personne

                                   Des sans-coeur ont tranché ta vie au ras du sol
                                   Cet acte ravageur n'est rien moins qu'un viol
                                   Et ton effacement du décor m'empoisonne !


                                                     G.Sion (printemps 2000)
                         

 

 


 

 

 

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